Le salut
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LE SALUT - REÏ

Salut japonais par-ci : le tatami, le professeur, les partenaires, au début, à la fin, debout, à genou… « Salut ! » à la française par-là : à la volée, aux retrouvailles, en se serrant la main, au début d’un message…

Même mot mais usages différents. Entre le Salut du Judo japonais, et notre « Salut ! » si convivial ? Vraiment ? Parlons politesse, cherchons au-delà puis parlons pratique.

 

Alors, le salut s’en tient à de la politesse ou symbolise-t-il quelque chose de plus profond ?

« Salut » signifie santé, venant du latin salutem et se rapprochant du celte suavelos. Quoi de mieux que de se souhaiter une bonne santé pour vivre ? Dans le fond, se saluer c’est donc prendre l’autre en compte. Plus que qu’espérer une bonne journée, c’est entrer dans l’intimité de son état. Cette promiscuité implique un rapport informel permis par l’empathie et le partage d’un respect et d’une confiance mutuels. Par exemple, un élève ne dit pas « Salut ! » au professeur, il faut se connaitre et s’éprouver, se considérer… Ce « salut » est bien significatif d’une marque d’un rapport plus profond que la politesse.

Qu’en est-il du salut dans la culture japonaise ? Au Japon, les gens ne vont pas à la messe, ne font pas de signe de croix… La religion structurelle repose sur la politesse : Reichiki, c’est l’étiquette à la japonaise. Sacrée, la politesse est le ciment des relations sociales. Oui, mais il n’y a pas quelque chose de plus profond aussi ? Pourquoi cette forme ? Tout comme au Moyen-Age en Occident on se serrait la main droite pour montrer que l'on n'était pas armé, le salut japonais (Ojigi) en inclinant la tête vient également de cette époque et a un sens proche. Il servait à montrer à l'interlocuteur sa non-hostilité en exposant une partie du corps vulnérable, la nuque.

Saluer c’est donc une marque de confiance, conséquence d’un nécessaire respect mutuel. Pour montrer sa nuque ou ses mains libres mieux vaut être sûr que l’autre ne fera pas de fourberie ! Se saluer signifie en quelques sortes que « Nous allons échanger, mais avant, je te montre que je te considère comme personne digne, avec laquelle je peux partager un respect mutuel. »

 

Côté pratique alors ? Restons dans la culture japonaise pour comprendre le lien entre l’inclinaison et les valeurs énoncées précédemment.

Plus on salue bas et longtemps, plus le salut est formel et la personne importante. Mais toujours, la tête est baissée, traditionnellement les mains sur le côté (hommes) ou vers les genoux (femmes). Parfois, parce le salut a été plus long, l’un refait un salut plus court, l’autre de même et ainsi de suite.

Restons dans la pratique en détaillant les postures, les moments du salut et ses utilités :

 

Reï - Salut

Postures

Ritsureï

Salut debout

>      Posture droite, pieds joints : pas de rectitude mais pousser sur les appuis pour grandir la colonne vertébrale.

>      Inclinaison de 15 à 30° : dos reste droit, les mains glissent vers les genoux, expiration douce

>      La tête et le regard suivent l’inclinaison (continuer de regarder son interlocuteur signifierait que finalement, vous ne lui faites pas confiance…).

Zareï

Salut à genou

>      Debout, mains sur les cuisses, descendre genou gauche* aligné au pied droit mais écarté. Descendre genou droit et s’assoir sur les talons. Relever pour descendre les pointes de pieds.

>      En partant de cette position seiza, Inclinaison sans lever les fesses en glissant les mains et en les posant en triangle au sol

    *Ben, pourquoi le gauche ? Il y a eu plusieurs réformes depuis 1942. Une hypothèse s’appuie sur l’attitude de paix des guerriers montrant leur arme (portée à gauche) en avançant d’abord le genou gauche.

 

                                                  
             



Quand ? Les différents saluts dans la pratique du Judo

      En entrant/sortant du Dojo, indiquant que ce lieu de pratique est régi par des règles différentes que celles de la société. Un élève à l’école peut devenir professeur sur le tatami, une ceinture blanche peut être parton dans le civil.

      En entrant/sortant du tatami, indiquant le respect que l’on va accorder à la surface de pratique : propreté, règles (on va se battre, accepter des règles différentes de l’extérieur) + ranger ses zoris

      A genou au kamiza (fondateur), à l’enseignant

      Debout, à chaque début et fin d’exercice ou échange (inutile de se serrer la main si le salut est sincère !)

      Si un enseignant interrompt un exercice, salut de fin et début

      Bonus : à une décision de l’arbitre en signe d’acceptation

 

Pourquoi saluer ?

      Respect mutuel, signe de confiance et d’acceptation des règles, Politesse

      Mise en disposition de l’esprit envers autrui à qui on accorde un acte bienveillant, pour soi pour le rapport qui va suivre avec le partenaire ou alors pour y mettre fin.

 

 

Le « salut » à la française et le salut japonais se retrouvent sur certains points comme la digne considération de l’autre dans un respect mutuel.

Dans la pratique, il marque le début et la fin d’un échange. Le salut lie et relie le rapport entre les personnes, tissant ainsi un maillage bienveillant, un tissu social qui nous habille de respect et nous protège de la haine. Oui, le salut est une simple civilité mais ces mots ne sont pas vains, ils sont le ciment d’une civilisation conviviale.

La prochaine fois que tu salueras, porte ces mots dans ton cœur et ton esprit puis laisse la paix construire les moments qui suivront.

 

 

Référence : http://judosaintgermaindupuch33750.e-monsite.com/pages/culture-judo/le-pourquoi-du-comment/l-origine-du-salut-saza-uki.html